Caroline... Histoire de feeling
Par Sergio le vendredi, octobre 27 2006, 14:50 - Meetic, tu connaîtras - Lien permanent
Je suis au téléphone avec Caroline. C'est une barge du sexe, elle me fait délirer. Elle me raconte que pour baiser toute une nuit, tu dois te mettre un peu de coke sur le bout du gland. Ca t'endort suffisamment le bordel pour maintenir l'excitation plus longtemps. Moins sentir pour durer... ou pour les rapides au lit : "Coke, si c'est plus fort que toi".
C'est la première vraie nympho que j'ai eue au téléphone. Je ne savais pas où donner de la tête avec elle. Elle était sauvage, sensuelle, folle, intelligente, extravertie, sensible et aimante. J'avais avec elle une présumée parfaite entente sexuelle, plutôt rare à ce niveau. Il n'y avait aucun tabou, tout était sujet à expérimentation : le sex pour le fun, le fun c'est le sex. Paradoxalement derrière cette course effreinée aux plaisirs, Caroline était en demande immédiate d'un amour vrai. Elle chassait pour trouver rapidement. Le premier romantique faisait l'affaire, le premier a prendre soin d'elle au réveil, le premier à lui tendre la main pour danser le soir, le premier à la regarder comme si elle était unique. Caroline attendait son homme au tournant de ses escapades sexuelles, 3 fois par semaine.
Nous nous sommes rencontrés sur Meetic. C'était un soir où je sortais en boîte et où je copiais-collais une accroche bidon pour proposer de sortir à des nanas. Caroline était dans le lot de celles contactées un peu au hasard. Elle n'avait d'ailleurs aucune photo, c'est dire à quel point je spammais comme un bleu. Et aussi incroyable soit-il, comprenant que j'étais DJ, elle me sortit aussi sec :
Mais tu t'es jamais fait sucer derrière tes platines ?
Ok là je me dis qu'il s'agit d'un mec qui croit me feinter en se faisant passer pour une meuf. Allez je vais rentrer dans son délire pour lui faire plaisir. Le truc c'est que l'homme auquel je pensais avoir affaire n'avait pas du tout la stratégie habituelle et maladroite, souvent constatée chez un sujet masculin. C'était différent, trop audacieux pour être vrai, accompagnées de très bonnes références au monde féminin. Le doute s'installait alors. Après tout pourquoi pas ? Peut-être est-ce une introvertie en pleine exorcisme ? Elle est peut-être bourrée, ou simplement avec des copines en train de ricaner ? En fait Caroline était seule, derrière son clavier à chasser le mec pour son étude, disait-elle. Un peu pour elle, un peu pour l'écriture, un peu comme ce que je fais actuellement, un peu comme d'autres en leur temps. Rien de mieux que d'écrire lorsque le trop-plein est là, agréable comme désagréable.
Caroline s'énervait à être prise pour un homme, surtout pour elle qui ne pense n'avoir aucune once de masculinité. En quelques minutes j'avais droit à son numéro de portable afin qu'elle me prouve le contraire. Et en effet ! J'avais vraiment affaire à une nana avec une voix normale et tout ! Ca sentait les oestrogènes tout ça. Elle avait une voix féminine au débit édifiant, avec des accélérations et des intonations omniprésentes. Ce qu'elle racontait était spontané. Peu importe si ce qu'elle me racontait était des conneries, le plus important étaient son élan enthousiaste et son peps au goût de naturel.
Elle ne mâchait pas ses mots. Pour elle, un chat était un chat. Bite, queue, cul, nichons, c'était son dada. Elle ne parlait que de ça, de ses expériences et de ses fantasmes. Sur les photos qu'elle m'envoyait, où elle posait, resortait très nettement un côté artistique qu'elle avait. Son kif c'était l'art du sex, sous toutes ses formes. Pas étonnant qu'elle aimait se photographier en compagnie de son énorme godemichet noir, qu'elle aimait appeler "Mamadou" !
Curieusement l'histoire veut que je n'aie jamais rencontré ni vu Caroline. Nos échanges n'ont été que téléphoniques et notre règle d'or était que nous n'ayons aucun rapport ensemble. C'était pour nous la meilleure façon de s'échanger nos expériences parallèles et d'en profiter à notre manière. C'était mieux ainsi. Nos délires ont duré de bonnes semaines, avant qu'elle ne trouve celui en qui elle se savait belle le jour et la nuit.